Collaboratifs par nature, les projets d’habitat participatifs reposent sur l’engagement des participants à fonctionner selon des principes communs, à respecter la compétence des autres, à accepter la juste rétribution du travail de chacun. Des évidences ? Sur le papier peut-être, mais moins dans la réalité. Parce que s’engager dans un projet participatif n’est pas une aventure banale, nous proposons des règles du jeu partagées et un cadre d’intervention sécurisant.

Un projet participatif est fait de rencontres, de découvertes, de plaisir et d’inventivité… Mais il est aussi synonyme de temps passé, d’inquiétudes et de renoncements. Nous n’en faisons pas mystère. Les choix d’habitat touchent à nos convictions, notre intimité, mais aussi à des choses comme les goûts et les couleurs dont on prétend qu’ils ne se discutent pas… Or c’est précisément tout cela qui est mis au débat à l’occasion d’un projet d’habitat participatif. Et si nous invitons les participants, avant de s’engager, à être très lucides sur la réalité de leur motivation, nous savons aussi accompagner ceux que les périodes d’incertitude peuvent déstabiliser, et faire preuve de discernement dans le partage de l’information.

Pour les trois piliers du projet, la participation exige des changements de posture : le maître d’ouvrage doit fonctionner en « mode projet », c’est-à-dire en étant totalement impliqué et transparent ; l’architecte doit dialoguer avec les futurs usagers, proposer des solutions, mais aussi savoir refuser des « commandes » qui mettraient en péril la cohérence architecturale du projet ; les habitants ne peuvent se comporter ni en investisseurs distanciés, ni en simples clients qui seraient confortés dans leurs exigences par la place qui leur est donnée. Tous sont acteurs à part entière, force de proposition et responsables des choix qu’ils font.

Cpa-Cps s’engage dès l’origine sur les prix de vente (et pas seulement à partir de la signature du contrat de réservation) et sur le budget global qui peut être alloué à la construction du bâtiment. Au fur et à mesure que les estimations s’affinent, les habitants participent aux arbitrages essentiels concernant les éventuels écarts, qu’il s’agisse des surcoûts ou des gains, pour respecter le budget de travaux initialement défini. Ils s’engagent de leur côté à être assidus aux ateliers de co-production, leur participation étant valorisée à travers un prix au m2 inférieur à celui du marché.

Nous garantissons des délais de réalisation quasi comparables (à quelques semaines près), à ceux d’une opération immobilière classique. Au cours des 6 premiers mois, les ateliers ont lieu à un rythme au minimum bimensuel. Objectif : se mobiliser de manière intensive autour des « livrables » attendus pour le dépôt du permis de construire. Les habitants se réunissent à la fois dans le cadre des ateliers collectifs avec la maîtrise d’oeuvre et la maîtrise d’ouvrage, et prennent rapidement l’initiative de se réunir entre eux sur certaines thématiques pour élaborer leur cahier des charges (jardin, salle commune, charte…)

Le projet ne peut fonctionner que si les relations reposent sur la confiance, la solidarité et le respect des rôles de chacun. Ce qui suppose d’un côté, une reconnaissance des compétences des professionnels, et de l’autre, une attention particulière aux cas complexes, qui ont des besoins spécifiques ou pour lesquels les solutions de financement s’avèrent difficiles à trouver. Ces habitants sont accompagnés aussi loin et longtemps que possible pour que leur projet puisse se concrétiser.

Avec notre partenaire actuel Habitat et Humanisme, qui agit en faveur du logement social et de l’insertion des personnes en difficulté, nous militons pour une mixité choisie, assumée et équilibrée, en dédiant quelques appartements à la location sociale de longue ou moyenne durée (logements passerelle, pérennes ou colocations intergénérationnelles). Locataires et copropriétaires sont accompagnés par les bénévoles et les travailleurs sociaux de l’association, pour mieux se comprendre et « s’apprivoiser ».