Installé au rez-de-chaussée de Diwan, le dojo de Michel Miri est un haut lieu de la pratique de l’Aïkido (合気道). Il y a 2 ans, il a décidé de l’ouvrir aux débutants pour les initier à cet art martial qu’il pratique depuis l’âge de 15 ans. Esther, en 3ème au collège Paul Eluard de Montreuil et habitante de Diwan, a été une des premières à en bénéficier, bientôt suivie par des camarades de classe. Depuis, tous les lundis soirs, une bande de quatre ados déambule en kimono, sous le regard amusé de Michel.

Lui-même 4ème dan, Michel Miri a déjà accueilli de grands maîtres dans son dojo. Comme Toshio Tanimoto Sensei 8ème dan (à ce niveau là, on parle d’un « shihan », un modèle), qui l’a récemment honoré de sa présence ou Akeshi Yamashima Sensei 7ème dan, qui lui rend visite chaque année et est attendu au mois de mai. C’est également ici qu’est domiciliée la ligue Ile-de-France d’Aïkido, qui regroupe près d’un quart des licenciés français, soit environ 30 000. « Pendant longtemps, j’ai pratiqué ici avec des amis aïkidoka confirmés » explique Michel. « Et puis j’ai eu envie de transmettre, mais comme le dojo est petit, je ne peux accueillir qu’un groupe de 6/8 personnes ».

Le dojo ou la réconciliation de 2 passions
Alors qu’il était installé de l’autre côté de la place de la Fraternité, à Bagnolet, où il avait fondé son agence de communication, Michel a vu dans le local d’activité que proposait Diwan l’opportunité de réaliser son projet : « réunir en un seul lieu ma passion pour la création et pour l’Aïkido, les deux étant pour moi indissociables ». Et totalement cohérent avec l’esprit de cet art martial, où tout est question d’union des énergies permettant précisément d’être « un homme rassemblé ». Au rez-de-chaussée, le tatami habille tout l’espace. « Traditionnellement, le tatami est vert » précise Michel. « Ici, il est rouge, ce qui crée une énergie particulière qui monte vers la mezzanine où sont installés les bureaux de l’agence ».

Avec les adolescents, des rituels un peu chahutés
Si tout traduit ici la quête de perfection et de spiritualité, chaque lundi soir, on change un peu d’atmosphère. Le dojo est envahi par une petite troupe parfois dissipée, Esther et ses compères, tous élèves de 3ème au collège Paul Eluard de Montreuil. Michel leur enseigne l’Aïkido depuis presque 2 ans, et ce bénévolement, ainsi qu’à quelques adultes pour la plupart débutants. « C’est un peu déroutant parce que les adolescents sont moins concentrés, ils rigolent, se mettent en scène » observe Michel. « Dans ma culture d’Aïkidoka, on ne parle pas pendant le Keïko (le cours), on respecte le maître. Eux, ils ne sont pas du tout impressionnés ! De même que répéter les mêmes gestes en vue de se perfectionner les surprend. Ils me disent, « mais ça, on l’a déjà fait ! ». L’Aïkido peut leur apporter un sens de la rigueur, une certaine force qui leur manque. J’essaie de leur faire comprendre qu’il faut un minimum de discipline. Ce n’est pas si facile, mais je leur laisse le temps. Dans l’Aïkido, il y a une forme d’indulgence : on apprend certes à se défendre, mais toujours en respectant l’intégrité du corps de l’autre. C’est un art martial, mais un art de paix » conclue Michel. Pour faire passer ce message aux jeunes générations, avoir choisi de s’implanter sur une place qui porte le nom de Fraternité ne pouvait donc pas mieux tomber…

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