Mère et fille du facteur

Mère et fille du facteur

Lorsqu’elle s’installe à Diwan en 2008, Delphine Kolher apporte avec elle les couleurs et la créativité de sa marque « Facteur Céleste ». Et c’est ici qu’elle va donner naissance à l’association « Les Filles du Facteur » qui en est le prolongement. Sa vocation : soutenir les femmes d’ici et d’ailleurs et œuvrer pour la planète à travers le recyclage de sachets plastique usagés, travaillés au crochet pour se transformer en tapis, pochettes, sacs, corbeilles…

Vintage avant l’heure
Dès ses débuts dans le stylisme, Delphine est séduite par les plastiques et skaï de couleurs des années 50, et c’est en les recyclant pour en faire des sacs qu’elle débute dans la carrière, mixant réemploi et vintage avant l’heure. Revisiter, donner une seconde vie, ce sera sa marque de fabrique : elle s’éprend d’objets iconiques comme le « Zori », tong japonaise traditionnelle qu’elle réinterprète, ou la Clonette, petite poupée en plastique fabriquée en Afrique, son continent d’adoption. Dans les années 90, elle crée sa marque « Facteur Céleste », puis ouvre en 2000 un concept store éponyme rue Quincampoix, qui se revendique éthique et équitable, valorise le savoir-faire des femmes pour contribuer à leur accès à l’autonomie.

Recycler des sacs pour tisser des liens
Lorsqu’elle s’installe à Diwan en 2008, Delphine se lie avec la communauté Rom qui a investi un squat voisin. Elle passe du temps avec les petites filles qui jouent sur la place de la Fraternité et leurs mamans, à qui elle apprend à faire des fleurs et du crochet à partir de sacs plastique. « Le crochet, c’est à la portée de tous, et avec le recyclage des sacs, on apporte en plus la conscience environnementale ». L’Association « Les Filles du Facteur » qu’elle a créée a vocation à les récupérer dans de grands bidons en plastique bleu électrique, pour alimenter des ateliers de femmes, à cheval sur deux continents.

Le design de la mondialisation
Entre Montreuil et le village de Tiébélé au Burkina Faso, les Filles du facteur font naître un design de la mondialisation… et participent de la mondialisation du design. Très vite, les femmes imaginent leurs propres motifs, et maîtrisent si bien la technique que l’on prend pour noble cette matière « dernière » dont les décharges du monde entier débordent… Grâce à Facteur Céleste qui leur donne accès aux acheteurs internationaux, les objets qui sortent des ateliers sont exposés dans le salon Maison et Objet, et vendus dans des lieux comme Merci à Paris, l’enseigne internationale Conrad Shop ou la boutique turinoise Bagni Paloma. L’achat des objets par Facteur Céleste permet la juste rétribution du travail des femmes en Afrique, pendant que l’association Filles du Facteur les accompagne vers leur autonomie tout en parrainant des enfants. Aujourd’hui, Delphine rêve de tisser d’autres liens, à travers la cuisine notamment, « une des plus belle façon d’unir les gens », en s’associant aux réseaux anti-gaspillage. En attendant, elle anime des ateliers crochet dans les lieux les plus emblématiques du moment, de la petite Troquette aux Grands Voisins. On peut la retrouver en vrai dans l’émission de Frédéric Lopez « Mille et une vies » qui lui a récemment consacré un beau portrait.

Par | 2017-05-24T16:09:31+00:00 25 avril 2017|diwan, projets|0 commentaire

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